Chaque mois, votre entreprise paie probablement plusieurs abonnements logiciels. CRM, gestion de projets, facturation, opérations, rapports, automatisation. Ces outils sont souvent essentiels et, dans bien des cas, ils font parfaitement le travail.
Mais il existe une différence importante entre payer pour utiliser un logiciel et investir dans un outil qui appartient à votre entreprise.
Lorsqu’un processus est au cœur de vos opérations ou de votre avantage concurrentiel, développer votre propre solution peut changer la façon de voir l’investissement technologique.
Vous ne payez plus uniquement pour résoudre un problème aujourd’hui. Vous construisez un actif numérique qui peut évoluer avec l’entreprise, améliorer ses marges et soutenir sa croissance.
Cela ne veut pas dire qu’il faut tout développer sur mesure. Dans plusieurs situations, un logiciel existant demeure le choix le plus logique.
La vraie question est plutôt la suivante : qu’est-ce qui mérite d’être loué et qu’est-ce qui mérite d’être construit?
Dépense ou actif : le changement de lunettes
Un abonnement logiciel répond à un besoin en échange d’un paiement récurrent.
Vous payez pour accéder à la solution. Tant que l’abonnement est actif, vous pouvez l’utiliser. Lorsque vous arrêtez de payer, l’accès aux fonctionnalités disparaît généralement avec lui.
Un actif numérique développé pour votre entreprise fonctionne différemment.
Vous investissez dans un outil conçu autour de vos processus, de vos données et de vos besoins. Cet outil peut ensuite être amélioré au fil du temps, connecté à d’autres systèmes et adapté à l’évolution de l’organisation.
La différence se trouve surtout dans ce que l’investissement crée.
Un logiciel sur mesure peut automatiser une partie de vos opérations, structurer votre savoir-faire ou permettre à votre équipe de traiter davantage de volume sans augmenter les ressources au même rythme.
Chaque amélioration vient alors renforcer quelque chose que votre entreprise utilise déjà.
Il faut tout de même apporter une nuance importante. Un actif numérique n’est pas un investissement que l’on construit une fois pour ensuite l’oublier. Il faut prévoir de la maintenance, des mises à jour et parfois de nouvelles fonctionnalités.
La valeur vient donc moins du simple fait de « posséder un logiciel » que de posséder un outil utile, maintenu et directement lié à la performance de l’entreprise.
Louer à vie ou bâtir ce qui vous distingue
Les solutions SaaS ont énormément de valeur.
Si vous avez besoin d’un outil de vidéoconférence, d’une plateforme comptable ou d’un système de gestion de tâches standard, développer votre propre version aurait rarement du sens.
Pourquoi investir du temps et de l’argent pour reconstruire quelque chose qui existe déjà et qui répond bien au besoin?
Le raisonnement change lorsque le processus concerné vous distingue réellement.
Prenons une entreprise de distribution qui possède une méthode particulière pour traiter les commandes, établir ses priorités et coordonner ses opérations. Si cette façon de travailler lui permet d’être plus rapide que ses concurrents, elle représente une partie de son avantage concurrentiel.
Forcer ce processus dans un logiciel générique peut créer des compromis.
Un outil développé autour de cette réalité peut au contraire transformer ce savoir-faire en actif numérique.
La technologie ne sert alors plus seulement à soutenir l’entreprise. Elle vient renforcer ce qui la rend différente.
Une règle simple peut aider à réfléchir à la question : utilisez les outils standards pour les besoins standards et envisagez le sur-mesure pour ce qui crée réellement votre avantage.
Ce qu’un actif numérique peut apporter à la valeur de votre entreprise
Pour un dirigeant qui pense à long terme, la valeur d’un actif numérique dépasse les gains de productivité immédiats.
Il peut d’abord rendre l’entreprise moins dépendante de certaines tâches manuelles ou de connaissances détenues par quelques employés.
Un processus important qui repose entièrement sur l’expérience d’une personne est difficile à transférer. Lorsqu’une partie de ce processus est structurée dans un système, elle devient plus facile à reproduire et à faire évoluer.
Cela peut également faciliter une éventuelle vérification diligente lors d’une vente ou d’un investissement.
Un acheteur potentiel ne regarde pas uniquement les revenus. Il cherche aussi à comprendre comment l’entreprise fonctionne, quels sont ses risques et dans quelle mesure ses opérations peuvent continuer à croître.
Des processus bien documentés et soutenus par des outils numériques peuvent contribuer à démontrer une organisation plus structurée et moins dépendante de manipulations manuelles.
Un actif numérique peut également améliorer les marges.
Si votre entreprise peut traiter davantage de commandes, servir plus de clients ou gérer plus de dossiers sans augmenter ses effectifs au même rythme, une partie de cette efficacité se retrouve directement dans la capacité de croissance.
Il faut toutefois rester prudent avec une idée : développer un logiciel ne fait pas automatiquement augmenter la valeur d’une entreprise.
Sa valeur dépend de son utilité réelle.
Un outil peu utilisé, mal documenté ou difficile à maintenir peut même devenir une dette technologique plutôt qu’un actif.
Le ROI concret : ce que les chiffres peuvent montrer
Le retour sur investissement devient beaucoup plus facile à comprendre lorsqu’on part d’un problème précis.
Prenons une PME où cinq employés consacrent chacun 45 minutes par jour à préparer manuellement des dossiers, copier des informations entre différents systèmes et vérifier les données.
Cela représente 3,75 heures par jour.
Sur 250 jours ouvrables, on arrive à environ 938 heures de travail par année.
À un coût employeur hypothétique de 40 $ l’heure, ce processus représente environ 37 500 $ par année.
Supposons maintenant qu’un outil permette d’automatiser 70 % de ce travail. L’entreprise pourrait récupérer environ 656 heures par année, soit l’équivalent de plus de 26 000 $ de capacité de travail selon cette même hypothèse.
Le gain ne signifie pas nécessairement qu’il faut supprimer un poste.
Cette capacité peut être utilisée pour traiter davantage de volume, améliorer le service ou permettre aux employés de consacrer leur temps à des tâches qui demandent réellement leur expertise.
Les erreurs peuvent aussi entrer dans le calcul.
Une erreur de saisie qui entraîne une mauvaise commande, une correction de facture ou plusieurs échanges avec un client possède un coût. Lorsque ces erreurs se répètent, leur réduction peut représenter une partie importante du rendement d’un projet.
Le ROI d’un actif numérique peut donc se mesurer de plusieurs façons : temps récupéré, erreurs évitées, capacité supplémentaire, réduction de certains coûts ou augmentation du volume traité.
L’important est de définir ces indicateurs avant de commencer le développement.
Quand le sur-mesure ne vaut pas la peine
Développer son propre actif numérique peut être intéressant. Ce n’est pas toujours la bonne décision.
Si un logiciel existant répond à 90 % ou 95 % de votre besoin à un prix raisonnable, le sur-mesure risque d’être difficile à justifier.
Même chose pour un processus très standard.
Développer votre propre système de gestion des vacances, par exemple, aurait peu d’intérêt si une solution abordable répond déjà exactement à vos besoins.
Le volume compte également.
Automatiser une tâche qui prend deux heures par année n’a probablement pas de sens si le développement nécessaire coûte plusieurs milliers de dollars.
Il faut aussi considérer la maturité du processus.
Si votre équipe change encore complètement sa façon de travailler tous les trois mois, il est peut-être trop tôt pour figer ce fonctionnement dans un logiciel.
Dans ces situations, continuer à utiliser un outil existant peut être plus économique et beaucoup plus flexible.
Dire « non » à un projet de développement peut donc être une excellente décision technologique.
La question n’est jamais de savoir si le sur-mesure est meilleur que le SaaS.
Il faut déterminer quelle option crée le plus de valeur pour le problème que vous essayez réellement de résoudre.
Commencer sans se ruiner
Un actif numérique n’a pas besoin de commencer par un projet énorme.
Au contraire, vouloir construire dès le départ toutes les fonctionnalités imaginées augmente le coût, la durée et le risque du projet.
Une meilleure approche consiste souvent à commencer par un MVP, soit une première version suffisamment simple pour tester la valeur de l’idée dans les opérations réelles.
Le but n’est pas de construire une version incomplète d’un grand logiciel.
Le but est d’identifier la plus petite solution capable de régler un problème important.
Prenons une entreprise qui souhaite éventuellement développer un portail complet pour ses clients.
La première version pourrait simplement leur permettre de consulter l’état de leurs commandes sans appeler le service à la clientèle.
Si cette fonctionnalité réduit réellement les demandes répétitives et améliore l’expérience client, l’entreprise possède une première preuve que l’investissement crée de la valeur.
Elle peut ensuite ajouter la consultation des factures, les nouvelles commandes ou d’autres fonctions selon les besoins observés.
Cette façon de travailler réduit le risque.
Au lieu d’investir un montant important sur la base d’hypothèses, l’entreprise valide progressivement son idée et fait grandir l’actif en fonction des résultats.
Construire de la valeur, pas simplement du logiciel
Développer un actif numérique ne devrait jamais être un objectif en soi.
La valeur vient du problème qu’il permet de régler et de ce qu’il rend possible pour l’entreprise.
Un bon actif numérique peut transformer un processus manuel en capacité de croissance. Il peut préserver une façon de travailler qui vous distingue, améliorer vos marges ou rendre vos opérations plus faciles à transférer.
Dans certains cas, la meilleure décision restera pourtant de payer un abonnement à un logiciel existant.
C’est parfaitement logique.
Les entreprises n’ont pas besoin de posséder toute leur technologie. Elles ont intérêt à posséder ou à contrôler ce qui contribue réellement à leur avantage concurrentiel.
Avant de voir le développement sur mesure comme une dépense supplémentaire, il peut donc être utile de changer de perspective.
Demandez-vous ce que cet investissement pourrait encore apporter à votre entreprise dans trois, cinq ou dix ans.
Une idée d’actif numérique en tête? Validons ensemble si elle tient la route :
